Dimanche 12 novembre 2006
Je te convoite, tu me convoites,
Nous nous convoitons ;
Danse acrobatique de gestes verbaux
Pour s’isoler dans un monde de velours,
Noyés dans ces illusions communes aux autres
Animés par une mégalomanie orgiaque
Née de cette chasse au regard
Au travers du voile de fumée
Des cigarettes une à une grillées.
Consumer notre temps
Et languir davantage
Voir monter le sang
Et les traits de nos visages
S’adoucir, s’obscurcir, se défausser
Pour ne plus laisser paraître de barrière
Ni aucun fossé
Plus aucune frontière à cette animosité,
Animée de vœux vindicatifs
Au présent du subjonctif
Qui assassinent toute la passion
Dans la délectation
De la soif de nos corps et de nos esprits.
Sous les lumières tamisées
D’une atmosphère à coup d’artifices illuminée
De figures dans leur symbolisme défigurées,
Je te convoite, tu me convoites,
Nous nous convoitons.
A la recherche d’une caresse futile
Dans de vains mouvements d’exhibition
Du désir fervent, latent, déjà palpable
A travers la chasse et la fuite
Des regards faussement égarés
Des pupilles dans leurs palpitations excitées.
Et déjà le film apparaît sur nos écrans.
Dans tes yeux je regarde les scènes
Que tu as tourné, que tu tournes, que tu tourneras encore,
Inlassablement, toujours dans les mêmes décors,
Les mêmes gestes, les mêmes monologues
Alors que dans mon regard
Se lit déjà la fin.
Mais qu’importe, il est l’heure
De se donner à cette libre représentation
Sur la toile blanche originelle
De mon inspiration.
Juillet-octobre 2004
Par Dany
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Publié dans : amispoetesbonsoir
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