Bienvenue et bonne lecture. P'tetre que vous vous y retrouverez
Il m'aurait fallu penser à prendre plus tôt l'air
Plutôt que de rester à m'asphyxier dans tes courants d'air
Mais avec les volutes de fumée de mes drôles de cigarettes
Je ne voyais pas venir la chute, ça tournait bien dans ma p'tite tête
C'était le confort absolu d'un huis-clos nocturne
Une maraude statique de deux êtres en manque de présence
Un oubli ludique à se permettre de se prendre à l'accoutumance
De nos corps nus serrés, de nos humeurs taciturnes
C'était une histoire sans promesse, disponible en libre accès
C'était quand on avait envie de caresses ou besoin de s'abandonner
Dans des moments furtifs à l'échelle globale du temps
Dans des instants fugitifs cachés du regard des passants
On ne voulait pas de spectateurs, on se savait ailleurs
Dans une dimension parallèle loin de leur compréhension
Où on s'faisait la belle sans bien faire attention
Au jour où viendrait l'heure de reprendre contact avec l'extérieur
Ça manquait de lumière mais cette ambiance tamisée
Ça nous faisait une atmosphère, ça nous permettait de rêver
A des choses face auxquelles la réalité ne peut que sourire
Même si elles étaient belles ce n'était qu'une façon de fuir
Puis ça nous permettait de ne pas nous regarder en face
De ne pas voir ces petites lueurs qui brillaient dans nos prunelles
Qui trahissaient nos peurs de croire en nos ritournelles
De pouvoir s'aimer sans que cela ne laisse de trace
J'me dis que j'aurais du détourner mon regard
De tes yeux, de tes formes dont j'étais pourtant si avare
Pour mater par la fenêtre, jeter un coup d'œil à la rue
Voir ce que font de leur «peut-être» tous ces inconnus
Qui marchent et avancent sur les trottoirs des villes
Attendent leur tour, leur rendez-vous au milieu de nulle part
Au grand jour ou sous écrou ou au bout d'un comptoir
A jouer de la chance, de l'espoir et d'envies futiles
Tu m'diras c'est pas de ta faute c'est moi qui t'ai invité à entrer
J'ai pris le temps d'ouvrir les portes et j'me suis laissé aller
Au jeu de la séduction des êtres paumés qui s'égarent
A danser sur des chansons pour se donner envie de boire
Vu qu'j'avais le gosier sec et personne à qui tenir le crachoir
Et qu'toi c'était un peu pareil t'avais besoin de causer
Alors autour de quelques bouteilles on a décidé de se poser
Sans salamalecs mais avec la politesse du désespoir
Maintenant que t'es partie, que tu as quitté cette pièce
J'reste seul avec mon whisky à essayer de retrouver l'ivresse
Buvant dans ton verre, mes lèvres sur les traces de ton rouge
Avec un arrière goût amer qui s'efface quand plus rien ne bouge
Dans mon sommeil éthylique toujours là pour me border
Stoppant mes rêves, mes doutes, ces images qui tournent en rond
Sans aucune trêve sur ma route de poète à la con
Ça t'est pathétique je sais mais ça m'aide à pioncer
Alors me revoilà devenu un pseudo poète sans muse
A la masse, à la rue, avec la bouteille qui l'amuse
Faut bien tuer le temps, en avoir pour son argent
Laisser béton les sentiments, s'remettre dans la marche en avant
J'vais pas baiser pour cette histoire avec Maitresse Mélancolie
Elle est passée pour d'autres avant alors j'vais pas en faire un drame
J'vais juste garder le bon temps, j'vais pas en verser des larmes
J'vais aller voir cette fille sur le trottoir, elle chassera mon ennui
Dany, 2 juin 2008
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